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SURVEILLANCE RADIO-CLINIQUE
D'UNE PROTHÈSE DE HANCHE



La surveillance d'une prothèse de hanche vise à dépister une complication liée au matériel (usure, fonctionnement, fixation osseuse), et à évaluer le résultat fonctionnel et clinique. On peut diviser cette surveillance post-opératoire en trois périodes qui ont chacune leurs caractéristiques :


1. la période d'hospitalisation
2. la période d'adaptation fonctionnelle
3. le suivi à long terme


LA PÉRIODE POST-OPÉRATOIRE IMMÉDIATE


La surveillance débute dès le réveil; le chirurgien contrôle la position de la hanche sur le brancart et le lit , et installe un coussin d'abduction entre les membres et un système d'immobilisation relative des membres pour éviter une luxation post-opératoire.
Il contrôle la sensibilité et la mobilité des orteils et de la cheville pour s'assurer de l'absence d'atteinte du nerf sciatique , et vérifie les pouls périphériques.

Dans le service d'hospitalisation, l'état local de la hanche et les signes généraux sont surveillés.

On vérifie qu'il n'y a pas d'écoulement important dans le drain de Redon.

On surveille également qu'il n'y a pas d'écoulement sanglant à travers le pansement :


1. soit il s'agit d'une hémorragie superficielle cutanée d'un petit vaisseau qu'il convient de suturer et il faut refaire une hémostase rapidement pour éviter une perte sanguine et une contamination bactériologique possible de l'articulation.
2. soit il s'agit d'un hématome purement sous-cutané qui se rompt lors de la rééducation, ou bien d'un épanchement sanguin intra-articulaire sous tension qui s'écoule par la cicatrice : il faut alors réopérer la hanche dans les 24H00 pour prévenir une contamination bactérienne et évacuer l'hématome.


Le pansement est refait habituellement le 2° jour lors de l'ablation du redon, et le 7° jour. L'état cutané est surveillé pour dépister la survenue d'une désunion cutanée, d'une nécrose localisée sèche ou humide, ou d'une infection superficielle.

Les complications thromboemboliques sont dépistées cliniquement et par examen doppler systématique effectué le 7° jour.

La progression des exercices de rééducation est contrôlée.

La douleur est un élément important de surveillance car elle perturbe le retour rapide à une fonction normale. C'est un facteur qui est pris en compte dès la veille de l'anesthésie et doit être adapté tout au long de la convalescence.


LA PÉRIODE D'ADAPTATION FONCTIONNELLE

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Pendant la période de rééducation qui se déroule habituellement à domicile ou en centre de convalesence, on effectue l'ablation des agrafes et on contrôle la cicatrice et l'existence d'hématome.
Le traitement anti-coagulant est poursuivi 2 semaines et surveillé par des prises de sang régulières.

La rééducation vise à récupérer une mobilité active sans douleur .

Une consultation avec le chirurgien a lieu entre la 6° et 8° semaine pour s'assurer de l'absence de complications cutanées, évaluer la douleur si elle persiste, mesurer la mobilité et la tonicité musculaire pour adapter les exercices. En cas de suite difficile une nouvelle consultation sera programmée à 3 ou 6 mois.


L'ÉVALUATION À LONG TERME

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Elle se fait à partir d'une consultation à un an, puis tous les deux ou trois ans.

Cette évaluation se fait en déterminant à chaque consultation un score simple et reproductible ( et donc comparatif d'une consultation à l'autre), qui pourra ainsi montrer l'évolution clinique de la hanche, et l'évolution fonctionnelle ressentie par l'opéré, la longueur des membres.
Ces rendez-vous permettent aussi de comparer les images radiologiques sur des clichés standardisés (bassin, face, profil) . On mesure ainsi les axes, l'usure du polyéthylène, la qualité de la fixation osseuse, et le positionnement des implants.

En cas de problème, on s'attachera à rechercher :


1. l' origine d'une douleur ( fracture de fatigue, tendinite, épanchement, sepsis larvé, instabilité).
2. L'origine d'un gonflement ( conflit mécanique, usure du polyéthylène, infection)
3. Les raisons d'une limitation de mobilité ( motivation du patient, mobilité pré-opératoire limitée, programmation de la rééducation, survenue de complications précoces, rétraction secondaire des parties molles, type de prothèse implantée, etc)
4. L'évolution des facteurs de risque : obésité, diabète, ostéoporose.

En plus de ces visites systématiques, on pourra être amené à revoir l'opéré :


1. lors d'un traumatisme : fracture, luxation, contusion, plaie
2. lors de la survenue d'une complication aigüe : infection par contamination suite à une plaie ou des lésions de grattage cutané ou lors de la survenue d'une infection par voie hématogène d'une autre origine, un descellement brutal, un épanchement, la survenue de kyste, etc .

On renouvellera les conseils :


-d'utilisation de la prothèse, notament pour les activités physiques sportives ou travaux de force
-sur la prévention des complications septiques susceptibles de survenir en cas d' infection à distance : cutanée, urinaire, dentaire, pulmonaire ou ORL.


CONCLUSION

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La surveillance radio-clinique tous les 3 à 5 ans, d'une prothèse de genou est nécessaire, même en l'absence de problème ressenti surtout chez les jeunes qui utilisent leur prothèse de manière soutenue :


1. Elle permet de dépister à temps des complications uniquement visibles sur la radiographie alors qu'il n'y a aucun signe clinique d'alerte.
2. Elle permet de surveiller le degré d'usure surtout chez le patient jeune.
3. Elle permet d'accompagner et de rassurer l'opéré aux différentes étapes de l'évolution fonctionnelle.


Dernière mise à jour : 1er mars 2011

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